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Boris Lehman

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FILMS ONTOLOGIQUES
de Boris Lehman

Boris Lehman, cinéaste de la deuxième personne
« Tout le monde vous le dira : Boris Lehman est un cinéaste de la première personne. Il fait partie de cette famille mythique et sympathique qui compte aussi les frères ou cousins Brakhage, Mekas, Morder, De Bernardi, Noren, Hernandez, Kawanaka, Guttenplan, Hanoun, Courant ou Akerman, et qui rapproche le cinéma de la littérature intime et de l’autoportrait.
Il a tout fait pour mériter cette parenté : il a souvent été son propre scénariste, son propre opérateur, son propre monteur. Il a enquêté sur lui-même, fait de l’auto-ethnologie. Il a été l’acteur principal de beaucoup de ses films, rayonnant amant dans Couple, Regards, Positions, enquêteur gentiment narcissique dans Babel, pratiquant la mise en abyme (et l’autodérision) dans Homme portant son film le plus lourd. La plupart de ses films sont des autoportraits, je dirais même – en pensant à ce film où on le voit en « homme de terre » ou à cet autre (Masque) où il se fait faire son masque mortuaire – des auto-embaumements.
Oui, mais voilà, Boris accueille aussi les autres, les fait entrer dans ses films, leur fait une place auprès, en face, à côté de lui. »
Dominique Noguez

L’Arroseur arrosé, La Chute des heures, Masque, Division de mon temps, L’Image et le Monde, Horizontales et Verticales, Savoir compter, Donner la main, Regarder le ciel, Superstition, Une flamme dans mon cœur, Noir et Blanc…

Ce sont des films « essentiels ». Ils sont très courts (entre 1 et 8 minutes). Ils sont, sauf exceptions, silencieux (sans aucune bande son), réalisés d’une traite, sans aucune manipulation de montage. Ils peuvent être projetés séparément ou groupés, de façons différentes et variées, accompagnés d’une musique ou de commentaires, selon les circonstances.

Composés de un, de plusieurs, parfois de cent plans, espèces de haïkus cinématographiques, ils expérimentent une idée devenue film. Ils forment un ensemble de questions et de méditations sur la création, la mesure du temps, la fonction des images, le poids et le mouvement des choses et du monde.

Ils ont donc un caractère philosophique et encyclopédique, bien sûr, mais aussi une valeur ludique (jeux de mots et d’images, proverbes illustrés à la lettre) et didactique. Certains, basés sur des contraintes, pourraient faire partie de l’OULIPO, parce qu’ils renvoient aux valeurs premières des images et du langage.
Ils s’inspirent tout aussi bien de l’esprit de Walter Benjamin, de Henry Miller, de Georges Bataille, que des jeux littéraires de Raymond Queneau et de Georges Perec.

En introduction de chaque séance de cinéma vous découvrirez un des films ontologiques de Boris Lehman.