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Programme Claus Löser

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CLAUS LÖSER

Claus Löser est né en 1962 à Karl-Marx-Stadt (Chemnitz).
Depuis 1980 il travaille sur les paroles, la musique et les films. 1990-1995 : diplôme d’études de cinéma à Postdam-Babelsberg ; Depuis 1990 : directeur de la programmation du cinéma Brotfabrid à Berlin. Depuis 1992 : critique de film (taz, Berliner Zeitung, film-dienst) et écrivain. 1996 : création de la collection ex.oriente.lux – archives expérimentales de l’Est 1976 -1989 et publication du livre : Gegenbilder-Filmischer Subversion in der DDR (Counter images).
Travaille en tant que réalisateur, critique, curateur (commissaire à l’exposition) et conférencier à Berlin. Spécialisé dans le cinéma expérimental et « underground » et dans le cinéma traitant des rapports entre Culture et Totalitarisme.
En 2011, il finit son essai sur les films underground en Allemagne de l’Est, publié sous le titre : Strategien der Verweigerung (Stratégies du refus).

Carte Blanche à Claus Löser, spécialiste du cinéma underground et expérimental de l’ancien bloc de l’Est. Il nous propose ici un panorama d’expression cinématographique de réalisateurs vivants ou ayant vécu la contrainte d’un régime totalitaire.

UNDER THE ICE – SOUS LA GLACE – UNTER DEM EIS / 95 min
Le programme de courts-métrages « Sous la glace » entreprend un voyage temporel et géographique à travers le socialisme « réellement existant » de l’Europe de l’Est entre 1945 et 1989.
Des exemples de films hors du commun provenant de Yougoslavie, de Hongrie, de Pologne, de Tchécoslovaquie, de RDA et d’Union soviétique montrent que sous la glace apparemment si dure de la guerre froide régnait une forte agitation..
La situation était très différente d’un pays à l’autre, se révélant tantôt plus tolérante (Hongrie), tantôt plus restrictive (URSS). Et la Yougoslavie représentait sans conteste, en tant que pays « non-aligné », un cas particulier. Malgré tout, des expériences ayant comme lien de parenté une double-morale omniprésente et le décalage entre la représentation officielle de soi et le vécu quotidien ont conduit à des stratégies similaires de pratique artistique.
Dans tous les films choisis, il est question de la militarisation du quotidien, de l’arbitraire politique et de la déresponsabilisation quotidienne qui en découle.
Il s’agit dans cette voie de films inhabituels, d’expressions artistiques courageuses qui se sont faites dans le dos des puissants ou au nez de la censure.
Que ce soit par un formalisme radical dans « Lesorub » d’Evgeni Youfit (URSS, 1985) ou par un contenu codé dans « Büntetöexpedicie » de Deszö Magyar (Hongrie, 1970), par les moyens du film d’animation (Einmart) ou du clip vidéo (Moskwa), il y a de commun à toutes ces oeuvres la relation entre le courage civique et une volonté de renouveau formel. Ce sont les preuves d’une immédiate « esthétique de la résistance » (Peter Weiss)
Dr. Claus Löser

PROGRAMME

General i resni človec – The General and the seriously Man – Der General und der ernste Mensch – Le général et l’homme sérieux
Yougoslavie 1962 – 10 minutes – court-métrage de fiction – réalisation / scénario : Vlado Kristl – caméra: France Cerar – production: Viba-Film Ljubljana
Dans son premier court-métrage de fiction, Kristl sonde l’élasticité de la tolérance de la politique culturelle dans la Yougoslavie socialiste. En moins de dix minutes, il met sens dessus-dessous la traditionnelle constellation victime-bourreau. Il esquisse la société moderne comme une prison dans laquelle détenus et gardiens échangent leurs rôles dans un jeu routinier.

Büntetöexpedicio – Punitive Expedition – Strafexpedition – Expédition punitive
Hongrie 1970 – 32 minutes – court-métrage de fiction – réalisation : Deszö Magyar – scénario : Péter Dobai – caméra: Elemér Ragályi – musique: Tihamer Vujicsics – production: Béla Balázs Studio Budapest
Au milieu du 19ème siècle, de plus en plus de gens s’opposent à la domination des Habsbourg en Hongrie. Une rébellion est réprimée dans le sang. Le film de Magyar raconte dans un style excessif l’éternel combat des faibles contre les puissants, de la soumission et de l’arbitraire. Il renvoie ainsi aussi à l’échec de la révolution de 1956.

Einmart
RDA 1981 – 15 minutes – film d’animation – réalisation/scénario : Lutz Dammbeck – caméra: Hans Schöne – musique : Thomas Hertel – production : DEFA-Studio für Trickfilme Dresden
Pour le « héros » de ce film hors du commun d’Allemagne de l’Est, le rêve de voler devient réalité. Il doit néanmoins reconnaître que malgré cette capacité, les frontières ne sont pas abrogées. Résigné, il poursuit son destin. Pour tout citoyen de RDA, l’allusion surréelle était simple à décoder. Le film a servi de tuyau, les fonctionnaires de la culture le fustigèrent comme « contre-révolutionnaire ».

Лесоруб – Lesorub – Woodcutter – Holzfäller – Bûcheron
URSS 1985 – 12 minutes – court-métrage de fiction – réalisation/scénarion/caméra/musique: Evgeni Ioufit – production : Mcha-lala Film Leningrad
Oeuvre-clé du « Nécroréalisme », cofondé par Ioufit : les excès de violence dans la neige et dans les ruines, avec d’incessantes inversions des relations domination-soumission tiennent lieu de la présence latente de l’arbitraire et de la mort dans la société russe. Les scènes absurdes déploient un humour « slapstick », imprégné de surréalisme.

Moskwa – Moscow – Moskau – Moscou
Pologne 1986 – 16 minutes – film expérimental – réalisation/scénario/caméra/production : Józef Robakowski – musique : Moskwa
« Moskwa » était un célèbre groupe de punk polonais. Dans son clip vidéo pour ses amis musiciens, le pionnier de l’art vidéo Robakowski déroule l’histoire de l’union soviétique de la révolution d’Octobre jusqu’à la mort de Leonid Brejnev, et de surcroît en accéléré. Au moment du décret de l’état de siège de 1981, ce fut une provocation courageuse.

Konec stalinismu v Čechách – The Death of Stalinism in Bohemia – Das Ende des Stalinismus in Böhmen
Tchécoslovaquie/Grande-Bretagne – 10 minutes – film d’animation – réalisation/scénario : Jan Švankmajer – caméra : Svatopluk Malý – animation : Bedřich Glaser – production : BBC/Nomad Films London
Juste après la « Révolution de velours », Švankmajer, toujours encerclé par la censure et les restrictions, fait un retour colérique sur la jeune histoire de sa patrie. Il désigne lui-même ironiquement son film comme de l’« agit prop », et règle ainsi ses comptes avec la bêtise du pouvoir et l’opportunisme du peuple. Et finit même par trouver une réutilisation étonnante de Staline.

Lieu : Cinéma de la Maison de la Culture Jeudi 13 à 21h