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SYNOPSIS PROGRAMMATIQUE
Isabelle Carlier

Quoi ?

La programmation annuelle de Bandits-Mages aborde des thématiques contemporaines et historiques, tout en mettant en place les conditions nécessaires aux différentes façons de montrer les images et d’entendre les sons aujourd’hui : séances de cinéma, analyses de films, installations multimédias, plateaux vidéos ou encore performances sonores et visuelles.

Pendant huit jours, les Rencontres Bandits-Mages sont le point focal qui vient élargir notre horizon.
Les Rencontres invitent les artistes, les étudiants, les visiteurs venus d’un peu partout autant que les habitants berruyers à entrer dans des mondes qui leur sont proches ou étrangers.
L’articulation entre les problématiques artistiques et les questions politiques, partagées par les artistes et les cinéastes invités, ouvre un espace à explorer fait d’esthétiques différentes mais aussi de sens commun. Elle nourrit une volonté de relier ce qui compose un univers complexe.

Qui ?

Boris Lehman, cinéaste de la première personne qui ne vit et ne filme rien sans l’Autre, parrain des Rencontres Bandits-Mages a failli croiser plusieurs fois l’écrivain et vidéaste de la pop-culture, l’exégète et déconditionneur Pacôme Thiellement à Bourges. Pourquoi ? Ils ont au moins un point commun. Ils sont tous les deux pleinement impliqués dans une vie artistique dont Bandits-Mages est le vecteur. Boris Lehman trouve à Bourges des possibilités de tournage et de montage, et il ne manque pas une occasion de projeter ses films dans une salle de cinéma, de concert ou chez l’habitant. Pacôme Thiellement, lui, est apparu comme un membre de la famille revenant après un long voyage pour nous révéler des histoires secrètes que nous ignorions et qui pourtant constituent toute une part de notre culture.
Il nous amène à entrer dans un programme basé sur la notion d’anti-alchimie – ou la façon dont, d’êtres en or, on réussit à faire des hommes en plomb.
Nous avons demandé à Pacôme d’écrire une pièce radiophonique qui creuse et décortique un espace potentiellement fictionnel et fantasmatique de la ville de Bourges : l’hôtel Lallemant. Cette pièce diffusée pendant les Rencontres, est écrite et réalisée avec les étudiants de Radio Radio de l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges qui bénéficient en outre de l’aide de deux interlocuteurs exceptionnels : François Angelier (créateur et animateur de l’émission Mauvais Genres sur France Culture) et Hermine Karagheuz (actrice qui a joué au théâtre pour Roger Blin, Patrice Chéreau, Laurent Terzieff, et au cinéma avec Jacques Rivette).
Encore en amont, Pacôme Thiellement et Thomas Bertay, coréalisateurs de la série Le Dispositif, sont intervenus dans la master class VJing Digitale Pourpre : atelier de déconditionnement et de déconstruction des corps et des images, piloté par Laurent Carlier (coordinateur du Vision’R VJ Festival et artiste Vj). Nadège Piton, performeuse, a emmené, elle, les participants dans une exploration de leurs corps et de leurs attitudes. La restitution de ce travail collectif formera la première partie de la soirée de clôture. La deuxième partie est confiée à Pacôme. Il a choisi de convoquer sur scène Antonin Artaud et d’autres fantômes via les biens vivants Eyving Kang, Marie Möör et Scott Batty. La troisième partie de cette soirée, enfin, opère un glissement transgressif en compagnie du collectif Let’s Dyke !.

À travers ces propositions, nous entrons dans les mondes souterrains et cachés, ceux qui loin de mettre en exergue les qualités de l’être humain, mettent en évidence ses troubles et ses monstruosités, mais aussi ses capacités de résistance à l’horreur et à l’absurde, ses capacités à créer de nouvelles politiques de vie et des espaces d’invention poétiques hors normes.
C’est un fil conducteur de ces Rencontres ouvertes par un double focus sur :
La Galerie Kapelica en Slovénie, invitée par Ewen Chardronnet, et Quimera Rosa venu de Barcelone, « lab » de recherche et d’expérimentation sur le corps, la technologie et les identités, invité par l’association Emmetrop. Tous les deux nourrissent une proximité qui trouve sa racine dans les questionnements sur les bio-technologies, le corps, l’humain et le non-humain, l’animal et le cyborg : Bare Life ! It’s Time !

Des souterrains fantastiques ou cyber-technologiques, nous allons aussi vers une exploration des arts sonores et de la science-fiction. Entre, ici, Gail Priest. Cette artiste australienne, en résidence conjointement à la BOX et à Bandits-Mages pour trois mois (programme EMAN#EMARE : réseau européen d’échange de résidence), nous propose plusieurs moments permettant de partager ses travaux en cours, à travers conférence / discussions et concerts. Elle nous invite également à appréhender la scène artistique australienne par la diffusion d’un programme inédit : Listening Visions.

La fabrication d’espaces de recherche et de créations collectives se manifeste tout particulièrement dans la naissance de Hall Noir, un espace prototype de programmation des étudiant-e-s piloté par David Legrand. Cette année Marie Gaudou, Ophélie Soulier et Violaine Higelin y expérimentent le processus de programmation et de workshop, mais surtout choisissent de montrer des corps et des images états des questions actuelles : Freaks et queer à l’honneur.
Cette dimension collective était le sujet des précédentes Rencontres pendant lesquelles nous avions assisté au tournage du casting de Cloud Berry, film multi-temporel et multi-espaces réels et virtuels d’Arnaud et Bertrand Dezoteux. Le film touche à sa forme finale. Il est prêt à rencontrer ses spectateurs et ses acteurs.

Que se passe-t-il alors si chacun des acteurs présents rencontre l’auteur, cinéaste et curateur, co-fondateur d’ex.oriente.lux, archive consacrée aux films underground et expérimentaux d’Allemagne de l’Est, Claus Löser, le cinéma indépendant proposé par Peter Hoffmann de Kino im Sprengel à Hanovre, ou par Giuseppe Spina de Nomadica en Italie? Car enfin, nous avons un cinéma à défendre : un cinéma de recherche, un cinéma expérimental, un cinéma engagé, un cinéma qui porte une vision poétique et sans concession sur notre monde. Rappelons-nous que Boris Lehman est notre parrain. Il est probable que vous le croisiez avec quelques films sous le bras.
Ce cinéma défendu est aussi au centre du travail quotidien de transmission que nous menons à travers la Zaap, Zone d’Activités Artistiques et Pédagogiques de l’association. La séance proposée cette année réunit des réalisateurs-monteurs, Fabrice Aragno et Bernard Sasia. Parions que la rencontre entre ces personnalités et les jeunes apprentis du cinéma sera mémorable.